Dans cet article, nous allons examiner la signification de chacune des données apparaissant dans un rapport d’analyse en prenant comme exemple un spécimen d’huile d’émeu pure dont une analyse typique est détaillée au Tableau 1.

  1. Analyse microbiologique On cherche à savoir si l’huile est contaminée par des microbes. On distingue deux grandes classes de microbes : celle des bactéries et celle des champignons et des levures. Les bactéries qui ont besoin d’oxygène pour survivre sont aérobiques. Les bactéries qui n’en ont pas besoin sont dites non-aérobiques. Quand c’est marqué non détecté, cela indique que l’huile n’est pas contaminée soit par des bactéries, soit par des champignons ou des levures.

  2. Apparence On parle de l’apparence du produit fini. Elle est claire et jaunâtre. Il existe des évidences qui montrent que ce qui est jaune serait important pour certains effets désirables de l’huile.

  3. Stabilité
    1. Acides gras libres.Les acides gras sont parmi les composants principaux des graisses et des huiles. Ils peuvent être libres ou liés. De façon typique, l’huile d’émeu se compose principalement de triglycérides. Les triglycérides sont des composés formés de trois molécules d’acides gras combinées à une molécule de glycérol (le glycérol est utilisé pour former la glycérine). Il existe toujours un peu d’acides gras qui sont libres à cause de l’action de certaines protéines (enzymes) qui agissent sur les triglycérides en détachant les acides gras du glycérol. Dans une huile raffinée, chimiquement pure, les acides gras libres sont éliminés. On comprend que les bons comme les mauvais acides gras peuvent être éliminés. On discutera dans un autre article de la signification et de la pertinence d’enlever certains composants de l’huile lors du raffinage. Ces acides gras libres peuvent se détériorer rapidement en formant de peroxydes.

    2. Taux de peroxydes.Certains acides gras sont susceptibles de réagir avec l’oxygène de l’air pour produire des peroxydes. Les réactions de peroxydation sont complexes. Il se forme des radicaux libres (un radical libre est un composé superactif qui cherche à se combiner avec toutes sortes d’autres composés, un peu comme un célibataire surexcité…), des produits instables, qui conduisent à la formation de produits dont la nature est variée. Toutes ces substances sont à base des mauvaises odeurs et du goût désagréable des huiles et des graisses rances. Les antioxydants naturels (ex : vitamine E) ou de synthèse protègent les huiles, les graisses et les cellules vivantes contre ces réactions.

  4. Caractéristiques physiques
    1. Densité.La densité de l’huile est juste un peu plus légère que celle de l’eau. La densité de l’eau est de 1 g/ml et celle des huiles se situe entre 0.89 et 0.95 g/ml. Ce qui explique que l’huile flotte sur l’eau

    2. Indice de réfraction.L’indice de réfraction est la capacité de faire courber la lumière. Il augmente avec la longueur de la chaîne de carbone des acides gras ou avec le nombre de points d’insaturation (voir plus bas). Ces valeurs varient normalement entre 1.1410 et 1.470.

    3. Saponification.Le taux de saponification est la mesure de la quantité d’hydroxyde de potassium qui est nécessaire pour détacher tous les acides gras des triglycérides. Ces valeurs varient de 175 à 210 pour l’huile d’émeu.

    4. Le taux d’iode.Cette mesure détermine la quantité d’iode qui réagit avec les points d’insaturation. C’est une indication du nombre de points d’insaturation : plus la valeur est élevée, plus le nombre de points d’insaturation est grand.

  5. Composition en acides gras Qu’est-ce-qu’un acide gras? Un acide gras est une molécule qui a une longue chaîne d’atomes de carbone. Cette chaîne carbonée est ce qui l’empêche d’être soluble dans l’eau. On classe les acides gras selon le nombre d’atomes de carbone et le nombre de points d’insaturation (On reviendra sur ce qu’est le point d’insaturation dans un autre article). Un acide gras saturé, comme l’acide stéarique (C18 :0), n’a pas de point d’insaturation. Un acide gras monoinsaturé, comme l’acide oléique (C18 :1), montre un seul point d’insaturation. Un acide gras polyinsaturé, comme l’acide linoléique (C18 :2), montre deux ou plus de deux points d’insaturation. On remarque que l’acide oléique (C18 :1) et l’acide élaïdique (C18 :1) ont la même formule abrégée. Ce qui les différencie est leur façon de placer leurs atomes dans l’espace au point d’insaturation : une première façon est la configuration trans, de forme linéaire et l’autre façon est la configuration cis, de forme recourbée. Plus l’acide gras est insaturé, plus il est recourbé. Cette courbure crée plus d’espace entre les molécules. Ce qui explique le caractère émollient de l’huile. L’huile d’émeu se compose de différentes sortes d’acides gras qui contiennent 14, 16 et 18 atomes de carbone dans les proportions indiquées dans le Tableau 2. Les acides gras peuvent être saturés (C14 :0, C16 :0 et C18 :0), monoinsaturés (C16 :1, C18 :1) et polyinsaturés (C18 :2 et C18 :3). On constate que l’huile d’émeu de notre exemple contient près de 28% de saturés, de 53% de monoinsaturés et de 19% de polyinsaturés.

Les principaux acides gras formant chacune des catégories sont énumérés dans le Tableau 2.

J’espère que ces précisions vous seront utiles pour interpréter un rapport d’analyse correctement. Donc, il sera plus facile de comparer la valeur des caractéristiques des différentes huiles sur le marché et de mieux apprécier le rôle des composants. Aussi, vous comprendrez le pourquoi des bons effets de l’huile d’émeu.